Saint Urbez (702 à 802)
NB : Image fictive sans réalité historique.
CHRONOLOGIE
NB : La vie de Urbez est essentiellement une vie légendaire émaillée d'actes prodigieux et de miracles.| 700 à 800
Selon la légende, Urbez (Urbicius en latin, Urbice en français) naît à Bordeaux en 702. Son père, un païen dont le nom est resté inconnu, meurt peu après, percé de flèches lors d’un combat. Sa mère, Asteria, une chrétienne fervente et érudite en lettres grecques et latines, se charge seule de son éducation (Saroïhandy, 1906).
À l’âge de quinze ans, vers 717, les Galiciens assiègent Bordeaux et s’en emparent. Urbez et sa mère sont capturés et emmenés en Espagne. Peu après, ils tombent entre les mains des Maures, qui viennent d’envahir la péninsule Ibérique. Il semble qu'ils n'eurent pas trop à souffrir au cours de leur emprisonnement. Finalement, Asteria obtient sa liberté et retourne à Bordeaux, laissant Urbez captif. Libéré à son tour, celui-ci se rend à Alcalá de Henares, la ville où saint Juste et saint Pasteur furent décapités sous le gouverneur romain Decianus, leurs corps ayant ensuite été cachés dans les environs de la cité par les chrétiens pour échapper aux profanations. Urbez se fait indiquer l'endroit et, une nuit, il exhume leurs reliques, les transporte à travers le territoire occupé par les Maures, échappant à mille dangers, puis traverse la mer et débarque enfin à Bordeaux (Saroïhandy, 1906).
Selon une autre tradition, Urbez se serait également rendu à Narbonne, où la cathédrale est dédiée à saint Juste et saint Pasteur. Cependant, la tête de saint Juste y aurait été envoyée au XIIᵉ siècle par Don Ramiro le Moine, qui fut appelé à régner sur l’Aragon après la mort de son frère, le roi Alphonse Ier (Saroïhandy, 1906).
A Bordeaux, malgré les supplications de sa mère, Urbez décide de retourner en Espagne. Il traverse les Pyrénées et s’installe à Sercué, un petit hameau situé entre Bielsa et Torla. Il y mène une vie simple, celle d’un berger, conduisant ses troupeaux dans les sites les plus escarpés des montagnes pour s’y livrer à la contemplation et veiller sur les reliques de saint Juste et saint Pasteur. Chaque fois que sa sainteté est révélée par quelque prodige, il quitte l’endroit pour s’enfoncer plus loin dans l’anonymat et la paix. De Sercué, il passe au village voisin de Vió. Urbez fréquente alors une grotte où il pleure et prie souvent. Cette grotte est située dans la vallée de Vió, située au confluent du Rio Yesa et du Rio Vellos, au pied du massif calcaire des Peñas de Sastral (Saroïhandy, 1906).
Puis Urbez se rend à Arbella où il sert chez la famille Villanueva. Un jour, son maître, informé que les troupeaux ont envahi les champs cultivés, accourt et le trouve endormi. À sa grande surprise, un nuage protège le berger de l’ardeur du soleil, et une abeille blanche, aussi pure que la neige, entre et sort de ses narines sans jamais se lasser. À son réveil, Urbez rassure son maître : les troupeaux n’ont causé aucun dégât aux cultures, se contentant de brouter l’ivraie et les mauvaises herbes. Un autre jour, un orage épouvantable rend le torrent d’Arassa infranchissable. Urbez pose alors sa houlette en travers du torrent, et, par ce pont improvisé, fait miraculeusement traverser tout son troupeau. Impressionnés par ces prodiges, les Villanueva finissent par lui avouer qu’ils ne se sentent pas dignes de le servir. Urbez, se voyant découvert, prend congé de ses maîtres en leur promettant de toujours intercéder pour eux dans leurs épreuves (Saroïhandy, 1906). Avant de quitter Arbella, Urbez aurait dit à ses maîtres : « Si votre pays souffre de la sécheresse, allez en pèlerinage à la grotte de Sastral, où vous trouverez toujours de l’humidité. En demandant à Dieu l’eau dont vous avez besoin, vos prières seront exaucées. » Suite à ces mots, la grotte de Sastral deviendra un lieu de pèlerinage lors des périodes de sécheresse (Saroïhandy, 1906).
Après avoir quitté Arbella, Urbez vit pendant cinq ans dans une grotte, puis se rend dans la Vallée de Onsera (Saroïhandy, 1906).
Vers 752, dans la Vallée de Onsera, à l’âge de cinquante ans, il prend l’habit de moine bénédictin et est ordonné prêtre dans un couvent que la tradition attribue à saint Martin de Tours. Peu après, il se retire définitivement dans les solitudes de Nocito, dans le Serrablo, une vallée reculée du Rio Guarga (Saroïhandy, 1906).
À cette époque, la région montagneuse est peuplée de réfugiés chrétiens fuyant l’invasion arabe. Urbez, qui a élu domicile dans la grotte d’Airal, sort souvent de sa retraite pour porter la bonne parole et réconforter ses frères. Sous leurs yeux, il accomplit de nombreux miracles : il rend la vue à un aveugle, redonne l’usage de ses membres à un paralytique, calme les fièvres de l’évêque Frontiniano, soulage la soif d’un prêtre en le touchant au front, et rend praticable des chemins en faisant fondre la neige un jour de beau soleil pour permettre à une famille noble venue de loin de recevoir sa bénédiction et ses conseils. On raconte aussi que les fauves s’apprivoisent à son approche et que l’une d’entre elles, particulièrement redoutable, cesse de terroriser le pays après qu’il l’a touchée de son bâton (Saroïhandy, 1906).
Urbez passe à Nocito des jours heureux, entouré de l’affection de tous (Saroïhandy, 1906).
| 800 à 900
Urbez meurt dans une maison à Nocito, à l’âge de cent ans, vers 802. Il serait mort en faisant sa prière, les genoux ployés. On l’enterre dans la grotte d’Airal, aux côtés des corps de saint Juste et saint Pasteur (Saroïhandy, 1906).
| 1400 à 1500
À la fin du XVᵉ siècle, sept brigands de Ussed, soudoyés par le vice-roi d’Aragon, tentent de s’emparer des reliques de saint Juste et saint Pasteur, pour les transporter à Alcalá de Henares. Une force mystérieuse les en empêche et les force à s’arrêter à Huesca, où ils doivent abandonner leur butin. Les précieuses reliques sont alors déposées dans l’église San Pedro el Viejo. Bien que le pape Pie V et le roi Philippe II aient ordonné leur transfert à Alcalá de Henares, les paroissiens de San Pedro el Viejo résistent longtemps avant de céder partiellement, comme en témoigne le procès-verbal de translation. Ainsi, seules quelques parties des corps de Juste et Pasteur — deux vertèbres et une côte pour l’un, le pied gauche pour l’autre — sont finalement envoyées à Alcalá (Saroïhandy, 1906).
| 1600 à 1700
En 1621, 125 villages sont représentés lors d'un pèlerinage au Santuario San Urbez, de Nocito. Depuis lors, les populations aragonaises ont gardé pour Urbez la même piété enthousiaste (Saroïhandy, 1906).
-> voir les infos sur le Santuario San Urbez de Nocito.
| 1700 à 1800
En 1701, les reliques de San Urbez, conservées dans l'ermitage de Santa Maria de las Montanas, sont transférées dans l'église du Santuario San Urbez, de Nocito (SIPCA, 2026).
-> voir les infos sur le Santuario San Urbez de Nocito.
| 1900 à 2000
Au début du XXᵉ siècle, le clergé aragonais commence à considérer le culte rendu à saint Urbez comme entaché de superstition. On laisse entendre que plusieurs des miracles qui lui sont attribués pourraient manquer d’authenticité. Pourtant, les prêtres auront du mal à discréditer des légendes dont la propagation a été encouragée par leurs prédécesseurs. Et si nécessaire, le peuple prendrait la défense de ce patron vénéré de la montagne (Saroïhandy, 1906).
Vers 1902 ou 1903 eut lieu le dernier pèlerinage à la grotte de Sastral. En effet, suite aux mots que Urbez aurait dit à ses maîtres avant de quitter à Arbella, cette grotte de la vallée de Vió, située au confluent du Rio Yesa et du Rio Vellos, au pied du massif calcaire des Peñas de Sastral, était devenue un lieu de dévotion. Ainsi, lorsque l’intervention de saint Urbez est jugée nécessaire, deux hommes d’Arbella, presque toujours issus de l’ancienne famille des Villanueva, revêtent un grossier manteau de pèlerin. Pieds nus et tête nue, ils se mettent en route vers le Val de Vió, évitant les sentiers tracés et priant en silence, l’un derrière l’autre. Ils traversent les environs de Villamana, Campol et Yeba, où ils sont accueillis au son des cloches. Arrivés à Vió, ils entrent dans la maison où servit saint Urbez pour y prendre un peu de nourriture, laissant en échange une somme modique fixée par la tradition. Ils descendent enfin à la grotte, où ils passent la nuit en prières avant d’y entendre la messe le lendemain, dans la petite chapelle édifiée sur place (Saroïhandy, 1906).
Vers 1905, une dame bien intentionnée de Huesca fabrique une chemise de soie pour Urbez. L’évêque, lors d’une visite à Nocito, s’est empressé de l’en revêtir. Mais depuis, la région souffre d’une sécheresse extrême. Malgré les prières adressées à saint Urbez, plusieurs récoltes ont été mauvaises, et la misère a menacé le Somontano. Le peuple, ignorant que le manque d’eau provient surtout du déboisement des montagnes, l’attribue à la colère du saint : « Comment oser le couvrir de soie, lui qui fut berger ! » Le bruit court qu’il ne pleuvrait plus avant sept ans, et l’évêque est rendu responsable de cette calamité. Heureusement, à la fin septembre 1905, des pluies torrentielles ont détrempé les terres, et les semailles, faites dans des conditions favorables, laissent espérer une abondante moisson pour l’année suivante (Saroïhandy, 1906).
En 1906, Saroïhandy indique que Saint Urbez n’a jamais été officiellement canonisé, et son culte reste surtout répandu dans les diocèses de Huesca et Barbastro. À Huesca, une confrérie est placée sous son invocation, mais c’est dans les vallées de Nocito et Vió qu’il fait l’objet d’une vénération particulière. On l’invoque surtout comme saint patron de la pluie : en période de sécheresse, lorsque les récoltes sont menacées, les fidèles se rendent en pèlerinage dans l’un de ses sanctuaires. Après une ou deux neuvaines, il est rare, assure-t-on, que la pluie ne finisse par tomber. Le sanctuaire de Nocito est le plus important, attirant des fidèles du Somontano de Huesca et de Barbastro. Des communes entières, avec leurs maires et leurs conseillers municipaux, y viennent en groupe (Saroïhandy, 1906). Saroïhandy indique que, depuis longtemps, un sac et une houlette ayant appartenu à Urbez étaient conservés à Vió, jusqu’à ce que ces reliques ne soient perdues depuis peu de temps dans un incendie (Saroïhandy, 1906). Saroïhandy indique également que le tombeau de saint Urbez, placé sous un autel dans une chapelle latérale de Nocito, est fermé par trois serrures distinctes : l’une des clés est détenue par l’évêque de Huesca, une autre est gardée à Nocito, et la troisième à Laguarta. Lorsque le tombeau est ouvert — ce qui arrive de temps à autre, en présence de l’évêque de Huesca et de représentants des deux communes —, les pèlerins peuvent constater que le corps du saint est incorruptible : sa peau, bien que jaune et parcheminée, reste ferme, et ses genoux, fléchis comme s’il était mort en prière, reprennent leur position première après avoir été pressés (Saroïhandy, 1906).
En 1936, le 17 octobre, lors de la Guerre civile espagnole (1936–1939), des miliciens républicains profanent l’église du Santuario San Urbez de Nocito, traînent le corps de San Úrbez hors du sanctuaire et le brûlent. Après la guerre, seuls des restes calcinés du saint sont récupérés et placés dans le sanctuaire, où ils font toujours l’objet de vénération (Patrimonio Cultural de Aragón, 2026).
SOURCES DE L'ARTICLE
(Les sources sont classées par ordre alphabétique d’auteur.)
Patrimonio Cultural de Aragón (2026). Santuario de San Úrbez. Site internet.
https://patrimonioculturaldearagon.es/patrimonio/santuario-de-san-urbez/Saroïhandy, Jean-Joseph (1906). Un saint bordelais en Aragon. Bulletin Hispanique, tome 8, n°2.
https://www.persee.fr/doc/hispa_0007-4640_1906_num_8_2_1481SIPCA (2026). Santuario de San Úrbez - Nocito. Sistema de Información del Patrimonio Cultural Aragonés. Site internet.
https://www.sipca.es/censo/1-INM-HUE-006-163-011/Santuario/de/San/%C3%9Arbez.html
AUTRES SOURCES PRINCIPALES
Proprium Sanctorum (décrit la vie et les miracles de Urbez). Diocèse de Huesca.
Carreras Ramírez y Orta, Juan Agustín (1702). Vida y pública veneración de San Urbez.
Villacampa Salinas, Francisco (1903). Compendio de la vida y milagros de San Urbez.
Autres textes, comme les anciens Bréviaires ou une vie manuscrite conservée par la Confrérie de Huesca, ainsi que les écrits de Juan Garay et Diego de Murillo.
REMERCIEMENTS
Cette page sur Saint Urbez s’appuie sur les travaux des chercheurs et des sites internet cités en référence dans les sources. Un grand merci à tous ces personnes pour leurs travaux approfondis.
Les informations présentées ici sont le fruit d’un travail de synthèse et de recherche, nourri par des échanges avec l'outil d’intelligence artificielle Le Chat, assistant conversationnel développé par Mistral AI.
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